Un bref historique du Château Saint-Antoine

Le château Saint-Antoine ne s’est pas toujours appelé ainsi, et il a souvent changé de nom, et de propriétaire. Il faut dire que proche de la ville, au flanc Sud d’une colline, donnant sur la verte vallée de l’Huveaune, avec vue sur le massif du Mont Carpiagne, le terrain devait être bien agréable, et aujourd’hui, même dans un tissu plus urbanisé, il l’est toujours.


En 1762 Joseph d’Isoard, avocat, achète « La Miniarde », une propriété située à l’est de la Barasse.
Son héritier, Jean-Baptiste d’Isoard,  l’agrandit en acquérant en 1792 la propriété voisine dite «La Rousse». A la place de l’ancienne Miniarde, il fait bâtir la partie centrale de l’actuelle demeure et lui donne le nom de «La Rousse». C’est alors une bastide marseillaise de taille modeste. Puis en 1812, il regroupe toute une série de terres au sud de La Maussane, séparées du domaine par la route d’Aubagne.

En 1842, Louis d’Alayer de Costemore achète le domaine que François Philippe rachète en 1867, puis vend à Joseph Blanc en 1894.


Le Comte Guy de Robien (ou plus exactement son épouse Marguerite Marie Blanche Halna du Fretay ) se rend acquéreur de la propriété en 1907. Il ajoute deux ailes à la bastide et y appose son blason composé d’une couronne, deux lions, un écusson frappé de dix éléments, une devise qui dit « Sans Vanité Ni Faiblesse« , et enfin le nom de Roch Bihan. En raison de la dévotion de son épouse, il renomme la demeure «château Saint-Antoine» et y accueille une statue du saint.
C’est lui qui fait graver « Château » sur le pilier à gauche en entrant, et « St-Antoine sur le pilier de droite.
Comme l’écrivait Alexandre Dumas, la volonté du propriétaire a transformé la « bastide » en « château ».  
C’est ce « château », le « château du Comte », que Marcel Pagnol rendra célèbre.


De 1921 à 1931, la demeure est la propriété de Xavier Fine, homme d’affaires, et de son épouse, qui y élèvent leurs treize enfants. Le château est alors appelé «Saint-Menet».


En 1932, la société d’électrochimie fondée en 1899 par Henry Gall, future « Ugine », l’achète, le conserve en l’état, et l’affecte aux œuvres en faveur de son personnel. L’usine sera fermée en 1988, et les oeuvres sociales du personnel avec.
Vous trouverez de plus amples informations sur l’usine en consultant la page du site Tourisme Marseille (cliquez pour ouvrir dans un nouvel onglet de votre navigateur).


La propriété est alors rachetée par la société d’économie mixte « Marseille Aménagement », dont la ville de Marseille est le principal actionnaire. Mais il n’est pas classé, ni protégé, et il est donc laissé à l’abandon et tombe en ruines. Les vergers, les parterres, sont laissés à l’abandon et envahis par la végétation. Une partie des terrains seront vendus en 2014 au promoteur Redman Newton dans le cadre de l’aménagement de la zone.


Sur la parcelle de terrain qui reste, le château devient une ruine et sert même de lieu d’entraînement pour le Groupement d’Intevention de la Gendarmerie Nationale et le Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille.

Mais une association créée en 2007, portée par Frédéric Lafage et sa sœur Gaëlle, se bat (avec quelques autres associations) pour sa rénovation et son ouverture sur le quartier et sur la ville.

La SOLEAM, qui a succédé à « Marseille Aménagement », le vend à son propriétaire actuel en 2016.


Une grande partie du contenu de cette page provient du numéro 40 (année 1960) de la revue « Marseille », dont vous pouvez télécharger un extrait: