Le château Saint-Antoine, un lieu qui vaut le détour


Château, bastide ou cabanon, c’est tout un à Marseille, c’est-à-dire que le caractère et l’imagination du propriétaire décident du titre que porte toute habitation extra-muros, bien plus que la taille ou l’architecture de ladite habitation. Si le Marseillais est orgueilleux, la maison sera un château; s’il est simple, elle deviendra une bastide; s’il est modeste, il la nommera un cabanon. Mais lui seul peut établir cette classification, car rien ne ressemble autant à un château marseillais qu’une bastide, si ce n’est peut-être un cabanon.

Alexandre Dumas, « Histoire d’un cabanon et d’un chalet », 1831


Les bastides sont la passion dominante des Marseillais.

Stendhal, « Mémoires d’un touriste », 1838


Je considérais avec un affreux serrement de cœur toutes ces belles propriétés naguère si riches qui, depuis tant d’années, avaient été l’honneur et le charme de notre paradisiaque banlieue marseillaise, aujourd’hui dévastées de fond en comble, pourfendues, salies, mutilées…

Victor Gelu, « Marseille n’est plus Marseille  », 1857


Le canal coulait en haut d’un petit remblai, entre deux haies d’arbrisseaux et d’arbustes qui émergeaient d’une broussaille de romarins, de fenouils, de cistes et de clématites. Bouzigue nous expliqua que cette végétation désordonnée était infiniment précieuse, parce qu’elle retenait la terre du remblai, et qu’il était interdit aux propriétaires d’y toucher. Le lit de ciment n’avait que trois mètres de large, et l’eau transparente reflétait les nuages blancs du ciel d’avril. Entre la berge et la haie fleurie, nous suivions en file indienne un étroit sentier.
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Nous traversâmes quatre propriétés immenses. Dans la première, des parterres de fleurs entouraient un château à tourelles. Autour des parterres, il y avait des vignes et des vergers.
— Ici, dit Bouzigue, c’est le château d’un noble. Il doit être malade, parce qu’on ne le voit jamais.
— Si cet aristocrate nous rencontrait chez lui, dit mon père, ça pourrait lui déplaire. Moi, je n’aime pas beaucoup les nobles.
— C’est un comte, dit Bouzigue, on n’en dit pas de mal dans le quartier.

Marcel Pagnol, « Le Château de ma mère », 1957


Promenade du canal de Marseille, parc Saint-Marcel

Et maintenant que le décor est posé, découvrez le château Saint-Antoine, un lieu qui vaut le détour…